Répulsif contre les moustiques
Slap ! Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Il est courant de trouver des stratégies pour éviter les piqûres de parasites tout en profitant du plein air canadien. Mais, avec autant d’insectifuges sur le marché, comment choisir le bon ? Selon Fiona Hunter, entomologiste médicale à l’Université Brock de St. Catharines, en Ontario, l’attirance pour les insectes piqueurs varie d’une personne à l’autre. Cela dépend de facteurs tels que la quantité de dioxyde de carbone que vous expirez (ces insectes adorent le dioxyde de carbone) et les organismes microscopiques sur votre peau, qui émettent diverses ” odeurs ” pour un insecte. Un bon répulsif confondra ou fera fuir ces insectes en quête de sang en interférant avec ces éléments. Indépendamment de la mesure dans laquelle vous attirez naturellement les insectes, certains produits sont plus efficaces que d’autres.

Insectifuges à base de deet
Depuis plus de 50 ans, le composé chimique DEET, ou N,N-diéthyl-méta-toluamide, est utilisé dans les insectifuges, et pour une bonne raison : il s’agit toujours du produit le plus puissant et le plus durable disponible. On ne sait pas vraiment comment il fonctionne. Certains experts pensent qu’il interfère avec la capacité de l’insecte à suivre un humain, mais des entomologistes de l’université de Californie ont découvert en 2008 que les moustiques peuvent sentir ce produit chimique et l’éviter.
Cependant, le DEET a mauvaise réputation car il a été lié à des conséquences dangereuses lorsqu’il est appliqué à fortes doses ou consommé. Toutefois, lorsque la concentration est inférieure à 30 % et que le produit est utilisé comme indiqué sur l’étiquette, Santé Canada le considère comme sûr (30 % est la concentration la plus élevée dont la vente est légalement autorisée au Canada). Il faut évaluer le risque par rapport à la récompense”, déclare Nancy Kleiman, pharmacienne et enseignante en pratique pharmaceutique à l’Université du Manitoba, où les moustiques sont un sujet d’étude. Elle affirme que le DEET peut vous protéger contre le virus du Nil occidental. Un traitement contenant jusqu’à 30 % de DEET dure souvent six heures, tandis qu’un produit contenant jusqu’à 10 % de DEET (recommandé pour les enfants âgés de six mois à douze ans) peut durer trois heures. En revanche, le DEET ne doit pas être utilisé sur les nouveau-nés de moins de six mois.
Ne combinez pas le deet avec une crème solaire.
Des chercheurs canadiens ont découvert que l’oxybenzone, un composant populaire des crèmes solaires, augmente l’absorption du DEET par la peau. Tout ce qui est destiné exclusivement à un usage topique ne devrait pas pénétrer dans l’organisme”, déclare l’auteur principal de l’étude, Xiaochen Gu, du département de pharmacie de l’université du Manitoba.
Si vous avez l’intention d’utiliser un produit à base de DEET, il recommande de l’appliquer au moins 30 minutes après la crème solaire et d’utiliser un spray DEET plutôt qu’une lotion pour éviter l’effet de pénétration. Lorsque vous massez la lotion sur votre peau, vous forcez effectivement les molécules à pénétrer dans la peau”, explique-t-il.
Utiliser des insectifuges à base de plantes pour éloigner les insectes nuisibles
On peut trouver des remèdes à base de plantes dans les pharmacies, les magasins de santé et en ligne pour ceux qui veulent éviter le DEET. La citronnelle et les huiles de soja sont les deux plantes les plus fréquemment certifiées comme insectifuges au Canada. Les sprays et lotions à la citronnelle ne durent que 30 à deux heures, ce qui peut être gênant lors d’une longue randonnée en forêt. Si vous n’avez qu’une heure de protection environ, vous devez renouveler l’application, souligne M. Kleiman, et la plupart des gens ne prennent pas le temps de le faire.
Toutefois, ce n’est pas parce qu’une substance provient d’une source naturelle qu’elle peut être utilisée librement. Certains produits à base de citronnelle, par exemple, comportent une limite quant au nombre de fois que vous pouvez l’utiliser dans une journée. Les produits à la citronnelle ne sont pas conseillés pour les nouveau-nés ou les enfants en bas âge, car ils peuvent déclencher des problèmes de peau chez certaines personnes. L’huile de soja, en revanche, est jugée inoffensive pour les personnes de tous âges ; elle peut éloigner les moustiques jusqu’à huit heures et les mouches noires jusqu’à trois heures.
D’autres formulations à base de plantes, comme les huiles de géranium et de lavande, ne sont pas autorisées comme insectifuges au Canada, et les produits répulsifs contenant ces composants ne sont donc pas autorisés. Selon Mme Kleiman, les cosmétiques naturels peuvent poser des problèmes aux personnes sensibles à la peau : “Beaucoup de produits alternatifs contiennent des parfums et des produits chimiques”.
Avancées dans le domaine des produits anti-moustiques
Aux États-Unis, deux composés, l’icaridine (picaridine) et l’IR3535, sont largement utilisés comme répulsifs non DEET (on les trouve tous deux dans les produits Skin So Soft Bug Guard d’Avon, par exemple), mais aucun n’a été autorisé au Canada. Gu a publié ses conclusions l’année dernière, affirmant que la picaridine n’absorbe pas la peau aussi bien que le DEET lorsqu’elle est utilisée avec un écran solaire. Il y a des points positifs, ajoute-t-il, mais la picaridine est un composé relativement nouveau et il faudra du temps pour que le grand public l’adopte.